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La laïcité en Belgique : esquisse des combats et premières victoires avant la Première Guerre mondiale

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La présente étude de l’IHOES est disponible gratuitement en ligne via CE LIEN ou en cliquant sur l'image de la couverture.

Résumé

Cette étude illustre la diversité des combats menés contre le cléricalisme au sein de la jeune Belgique. Au XIXe siècle, les tenants de la laïcité revendiquent une sécularisation de la société. Leur lutte s’étend notamment aux domaines de la santé, de la justice et de l’éducation et considère également certaines questions éthiques. À côté de l’enjeu si débattu de l’enseignement, la laïcisation de la société s'est aussi incarnée dans des enjeux très concrets comme le droit à la crémation ou à des cérémonies non religieuses. Si la laïcité est portée par différents courants, qui ne sont pas tous également sensibles aux questions sociales, cette étude révèle néanmoins comment le mouvement laïque a pu s’investir dans la conquête de droits pour les citoyens, et singulièrement pour les femmes et les ouvriers.

Description

C’est dans les premières années d’existence de la Belgique qu'apparaissent les premières tensions entre laïcité et catholicisme : les compromis de cette époque modèlent durablement un pays où la séparation de l’Église et de l’État n’est jamais tout à fait achevée. Certaines revendications chères aux laïcs, comme celles en faveur des enterrements civils, de la crémation ou de l’abolition de la peine de mort, ont porté leurs fruits et nous semblent aujourd’hui couler de source. Pourtant, au XIXe siècle, elles sont l’objet de combats acharnés contre une tradition religieuse omnipotente et les représentants du pouvoir catholique qui cherchent à l’imposer. Des problématiques actuelles, notamment celle concernant le financement de l’enseignement catholique, trouvent leur origine dans des défaites subies par le mouvement laïque face à l’Église il y a plus de cent ans. Au XIXe siècle, le débat pour la laïcisation de la société s’incarnait souvent à travers une forme d’anticléricalisme et se concentrait sur la séparation de l’Église et de l’État, bien que cette notion ne s’affirme qu’à la fin du siècle. Mais cette étude met aussi en exergue l'action que le mouvement laïque a menée en faveur de la conquête de libertés individuelles, de l’émancipation des femmes, de la recherche d’une justice équitable, etc. Pourquoi ces combats, ces enjeux ont-ils été si présents dans l’histoire du jeune État belge ? Où trouvaient-ils leur origine ? Comment se sont-ils inscrits dans un contexte qui a mené la Belgique à une forme de la laïcité si différente de celle de la France ?

Richement illustrée, l’étude tente de répondre à ces différentes questions : Micheline Zanatta commence par rappeler le contexte politique et institutionnel de la toute jeune Belgique au sein duquel vont émerger les premiers combats laïques. Puis, elle se penche sur le développement initial de ce mouvement, en identifiant différents acteurs de la laïcité : sociétés de libre-pensée, libres-penseurs et francs-maçons, personnalités politiques de tendances diverses : des libéraux bien entendu, mais aussi des socialistes et des républicains, au rôle trop peu connu. Ensuite, elle sonde l’épineux dossier de l’enseignement, principale pierre d'achoppement entre partis laïques et catholiques. Dans la dernière partie de l’étude, elle nous convie à découvrir les premières victoires de terrain relatives à l’instruction et à l’éducation, aux funérailles civiles, aux cérémonies officielles et privées et dans quelques autres champs d’action de la laïcité, dont la réforme de la justice et les œuvres philanthropiques ou le combat pour une médecine moderne. Micheline Zanatta nous fait finalement part de ses conclusions, en soulignant l’influence toujours prégnante des valeurs chrétiennes qui continuent encore aujourd’hui à peser dans nombre de débats de société.


Auteur(s) : Micheline Zanatta
Lieu d'édition : Seraing
Édition : IHOES
Année de publication : 2021
Nombre de pages : 30
Disponible en ligne
Prix : gratuit