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Des discours et des hommes : enquête sur les (ex-)dirigeants du SP.A et la stratégie de communication du parti : de l’image institutionnelle aux réalités socio-professionnelles (analyse n°110, publiée le 2/10/2013)
Par Geoffrey Geuens

Le présent article a été répertorié dans la catégorie :
"Analyse et évolution des discours politiques et économiques"

Il traite des sujets suivants :
Médias (sujet principal)

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Pour citer cet article :

Geoffrey Geuens, « Des discours et des hommes : enquête sur les (ex-)dirigeants du SP.A et la stratégie de communication du parti : de l’image institutionnelle aux réalités socio-professionnelles », Analyse de l'IHOES, n°110, 2 octobre 2013,
[En ligne] http://www.ihoes.be/PDF/Analyse_110_Discours_SPA.pdf.


[Le gouvernement Di Rupo] est un gouvernement « de réformes », d’adaptation, de mutation, de notre système de sécurité sociale, hérité… des années cinquante ! […] Pensez… Le divorce était interdit ! Il n’existait qu’en URSS ! Je veux dire par là qu’il est temps de faire bouger les choses en sécurité sociale […] Sommes-nous aveugles ? Veut-on tout perdre ? Non ? Alors, réformons !

[…] comment garder un « État providence » si on part du principe que les gens travaillent moins de la moitié de leur vie et contribuent donc moins de la moitié de leur vie au financement du système ? Impossible.

[…] là où je ne suis pas d’accord avec les syndicats, c’est qu’ils tirent de tout cela des conclusions pessimistes, négatives… Surtout ne bougeons à rien, battons-nous sur les « acquis », on verra combien de temps le système social tiendra le coup, ce n’est pas notre problème… […] Je suis un homme de gauche, donc un progressiste, et par définition, le progressisme, c’est l’adaptation, être proactifs. Le progressiste a envie d’aller voir de l’autre côté de la colline. Le conservateur défend la forteresse, c’est tout.

[…] Il y a une crise, il y a des dettes, il y a un héritage social à adapter, et ce n’est pas crédible de répondre : « Il n’y a qu’à faire payer les riches » ! C’est déraisonnable, mentir aux gens, et mettre en danger le système social. Après nous le déluge !

[…] Je comprends l’inquiétude, mais une grève générale, c’est quelque chose de très rare, et il faut garder la bombe atomique pour la guerre mondiale, pour le dernier combat, pour le gouvernement de droite qui applique vraiment des mesures de droite ! […] Et une grève générale qui ne fait pas exploser le gouvernement est une bombe sans effet.


(Extraits de l’interview de Bruno Tobback au Soir, 26 janvier 2012)

Puisant sa force dans les fausses évidences dont il est tissé, le discours du président du SP.A, repris ci-dessus, s’appuie pour l’essentiel sur un argumentaire figé et une série de clichés qui ne sont pas sans rappeler la « rhétorique réactionnaire » étudiée par l’économiste américain Albert O. Hirschman ; ainsi en est-il, en particulier, de ces trois thèses traditionnellement convoquées par des acteurs politiques ou socio-économiques critiquant l’« inefficacité » du modèle social belge et l’« inactivité » des allocataires sociaux :

- la thèse de l'« effet pervers » (perversity), tout d’abord, consacre l’idée selon laquelle toute velléité de transformation de l’ordre social et politique aurait pour effet d’obtenir des résultats inverses au but précisément recherché. Ainsi, et pour reprendre l’analyse développée par Bruno Tobback, en cherchant à tout prix à préserver certains « acquis sociaux », il deviendrait impossible d’assurer « un niveau de vie raisonnable » à tous. La défense inconditionnelle de l’actuel modèle social pourrait, en quelque sorte, avoir pour conséquence directe l’affaiblissement de ce dernier ;

- la thèse de l’« inanité » (futility) tend pour sa part à démontrer que tout projet politique d’émancipation ou action collective de contestation est incapable de modifier l’ordre des choses, sauf en apparence. À suivre le président du parti socialiste flamand, « une grève générale » qui ne ferait pas « exploser le gouvernement » serait « une bombe sans effet » ;

- la thèse de la « mise en péril » (jeopardy), plus radicale encore, ne souffre quant à elle aucune ambiguïté : en s’opposant frontalement au projet du gouvernement Di Rupo I, les syndicats pourraient « tout perdre », et en voulant « faire payer les riches », mettre « en danger le système social » pour le maintien duquel ils affirment se battre.

Exaltation du changement (« adaptation », « mutation », « proactivité », etc.), imposition des seules solutions néo-libérales au problème « des dettes publiques » et accusations répétées à l’encontre des organisations syndicales ; voilà donc, en première analyse, quelques-uns des éléments définitoires de la communication politique du SP.A. Optimisme contre pessimisme, altruisme contre égoïsme, vérité contre mensonge : les couples antinomiques se soutiennent l’un l’autre pour mieux désigner à la vindicte populaire des syndicats soupçonnés à la fois de défaitisme, de corporatisme et de populisme ; et, dans un même mouvement, décrédibiliser les actions de protestation (grève générale = bombe atomique) et propositions de gestion de crise alternatives. Ainsi que l’ont bien analysé les politologues français Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki, la grande majorité des socialistes européens semblent aujourd’hui se donner pour mission de convaincre une partie de leur électorat du bien-fondé des politiques d’austérité imposées à l’échelle du continent :

« Les élites socialistes partagent des représentations des catégories populaires relativement homogènes : le peuple est jugé "rétif" aux changements, à la "modernisation", à l’adaptation à la mondialisation, inapte à la compréhension de la "complexité" » du monde. Il convient donc d’adopter une "pédagogie" de la réforme à destination de ces groupes… »

À cet égard, les prises de position du président du SP.A s’inscrivent, pour l’essentiel, dans la filiation des ténors du social-libéralisme européen que sont Anthony Blair, Gerhard Schröder et Wim Kok, pour ne citer que les plus connus d’entre eux. On aurait, dès lors, pu attendre des principaux observateurs de la vie politique belge qu’ils s’interrogent sur les raisons de ce revirement idéologique et programmatique ; si tant est que l’on puisse réellement, en ce qui concerne le SP.A, parler de revirement. Au contraire, la plupart des éditorialistes francophones comme néerlandophones virent en Bruno Tobback un réformiste de « conviction », « moderne » et « courageux ». Ce fut notamment le cas du rédacteur en chef adjoint des médias du groupe RTL Belgique :

« Sur le plan purement politique on retiendra deux choses. D’abord que Bruno Tobback cultive sa modernité, qui est un peu sa marque de fabrique. […] Mais aussi, et ce deuxième point est révélateur, qu’il n’a pas peur de monter au créneau pour soutenir le gouvernement Di Rupo. Pour lui, il n’est pas question d’un gouvernement de centre-centre, mais d’un gouvernement de réformes. S’il se dresse contre la grève générale c’est parce qu’il est pour les réformes gouvernementales. […] voici quelqu’un qui assume l’accord et qui le défend. […] Bruno Tobback montre qu’il est dans la majorité par conviction, quand d’autres présidents nous donnent l’impression d’y être par obligation. »

Une analyse visiblement partagée par Le Soir, convaincu à son tour de la pertinence du propos de M. Tobback :

« Les syndicats ont le droit de faire la grève et les politiques savent que ces craintes doivent être dites. Mais gare aux communications corporatistes ou purement symboliques, aux "y a qu’à". Les citoyens ont surtout besoin qu’on travaille aux solutions. Les défis gigantesques et affolants du moment pèsent sur tous. Responsables politiques, patronaux, ou syndicaux doivent refuser les slogans faciles, l’habillage. Il faut dire la vérité, assumer les difficultés. C’est en cela que Bruno Tobback était remarquable dans Le Soir : il ne fuyait rien, ni la vérité ni sa responsabilité. […] La schizophrénie n’apporte rien. Les citoyens veulent des discours vrais, non électoralistes ni de circonstance. Ils savent que les temps sont graves. Syndicats et hommes politiques ont intérêt à se rejoindre après ce lundi. La transformation difficile mais impérative de notre modèle social demande de la coopération, de la pédagogie, de la transparence, pas d’affrontements démagogiques. L’heure n’est plus à se mentir ou à se bercer d’illusions. »

C’est donc, pour les élites éditoriales belges, les positions les plus ouvertement néo-libérales défendues par le président des socialistes flamands qui en feraient un dirigeant politique « vrai », « remarquable » et « responsable » ; les autres leaders et ténors du parti ne manquant pas une occasion, d’ailleurs, de rappeler qu’il convient d’« activer » les allocataires sociaux, de défendre la « compétitivité » des entreprises et d’éviter un « dérapage » des salaires. Dans son allocution du 1er mai dernier, par exemple, M. Tobback exigera que l’argent récupéré par John Crombez (SP.A) dans le cadre du programme de lutte contre la fraude fiscale serve à « réduire les charges sur le travail » ; après avoir affirmé en février 2013, au Vif, qu’il fallait « au moins travailler la moitié de sa vie ». À la même époque, lors de l’émission de radio « Le Grand Oral » réalisée sur La Première (RTBF) en collaboration avec le journal Le Soir, Bruno Tobback enfoncera le clou, précisant qu’en matière d’allongement des carrières « rien ou presque [n’avait] été fait », qu’il fallait des mesures « fortes et rapides » et, surtout, travailler « aussi longtemps » qu’on le pouvait.

De l’esprit d’entreprise au monde de l’entreprise

C’est ainsi, très précisément, leur abandon des politiques véritablement progressistes – et, par là même, leur adhésion aux thèses des principales organisations patronales belges – qui vaut aujourd’hui aux dirigeants du SP.A d’être qualifiés, par la grande presse, de « modernes » et de « progressistes ». Quant aux éléments avancés par les éditorialistes pour expliquer ce relatif basculement idéologique, ils se révèlent assez pauvres et simplistes : désireux de capter les voix d’un électorat issu des classes moyennes – pour lesquelles, dit-on, les principes d’égalité et de solidarité ne seraient pas (ou plus) des valeurs en soi – et bien conscients du caractère figé de leurs anciens référents, les leaders du SP.A n’auraient pas d’autres choix que de réviser une doctrine dépassée face à la « globalisation des marchés » et la « complexité du monde ». Dans la grande presse, il est ainsi rarement suggéré que si le SP.A s’était aligné – au cours de ces quinze dernières années – sur certaines des positions défendues par la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), le VEV-VOKA (Vlaams Economisch Verbond - Vlaams netwerk van ondernemingen) ou encore l’UNIZO (Unie van Zelfstandige Ondernemers), c’était bien dans une large mesure parce que ces dirigeants avaient entre-temps rejoint le secteur privé et, pour être tout à fait précis, quelques-unes des plus importantes sociétés belges et européennes.

À cet égard, le cas de feu Karel Van Miert, ancien président du SP et commissaire européen aux Transports (1989-1993) puis à la Concurrence (1993-1999), mérite que l’on s’y attarde un instant et ce, pour plusieurs raisons. Ici, c’est d’abord, bien entendu, le nombre de mandats qui interpelle : après avoir quitté Bruxelles, Van Miert deviendra administrateur ou conseiller international d’une quinzaine de sociétés financières et de multinationales présentes dans des secteurs aussi divers que le multimédia (De Persgroep), l’électronique (Philips), la chimie (Solvay), l’énergie (RWE), la pharmacie (Eli Lilly), les mines (Anglo American) et les technologies de santé (Guidant). Il est également intéressant de noter que loin de se cantonner à son pays d’origine (Solvay, Agfa-Gevaert, SCR-Sibelco), Karel Van Miert obtiendra plusieurs mandats au sein de grandes entreprises européennes (RWE, Vivendi Universal, Philips) et américaines (Eli Lilly, Guidant, Fitch) ; et, fait notable s’il en est, à la banque d’affaires Goldman Sachs. Jouissant d’un « capital social cosmopolite » – pour reprendre la formule de la sociologue Anne-Catherine Wagner – il fut, dès lors, en mesure de représenter les intérêts, parfois même contradictoires, des milieux d’affaires européens et américains, à l’instar, avant lui, d’un Étienne Davignon. Enfin, il faut bien observer qu’aussi exceptionnelle que puisse apparaître la trajectoire professionnelle et politique de Van Miert, elle n’en est pas moins emblématique des stratégies de reconversion adoptées par les plus grands noms de la social-démocratie européenne – on l’a montré par ailleurs – et, en particulier, par d’anciens membres de sa propre formation politique (voir encadrés). Ainsi, la plupart de ceux qui firent partie, comme Karel Van Miert, de la génération des « jeunes Turcs » du SP sont presque tous passés dans le monde des entreprises privées – songeons à Willy Claes (Carrefour Belgique), Freddy Willockx (Banque Crelan, Akkermans & Partners, Enfinity), Luc Van den Bossche (Optima Financial Planners, Arinso International, Merckx Holding) ou, encore, Marcel Colla (Ritmo Interim, Waterland Private Equity Investments).

Notons que si c’est, bien évidemment, le carnet d’adresses de ces personnalités politiques – et, en tout premier lieu, leurs contacts au plus haut niveau de l’administration – qui a favorisé leur reconversion dans le privé, leurs nominations aux conseils d’administration de certaines sociétés semblent aussi répondre à des logiques que l’on pourrait qualifier de sectorielles : Marcel Colla, ancien ministre de la Santé publique et des Pensions, a été administrateur de la firme privée Arseus, présente dans le secteur des soins et équipements de santé, et de Ritmo Interim ; Johan Vande Lanotte, ex-ministre de l’Économie et de la Mer du Nord, siègera au conseil de plusieurs acteurs-phares de l’énergie éolienne (Electrawinds, Northwind, Rotary RS) ; Luc Van den Bossche, jadis chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’État, est passé par Hudson Belgium (ressources humaines) et Arinso International (logiciels en gestion RH) ; quant à Freddy Willockx, ministre des Pensions du gouvernement Dehaene I, il est président du conseil d’administration d’Akkermans & Partners NV, une société précisément active dans le secteur de la gestion des pensions.

Si, enfin, la reconversion de Karel Van Miert – fort de son ex-position de commissaire à la Concurrence – a pu se réaliser, pour partie, à l’échelle internationale, il convient de noter que pour les anciens présidents et ministres du SP.A, c’est souvent sur la base de réseaux de sociabilité locaux que se prennent certaines réorientations professionnelles. Steve Stevaert, par exemple, a conseillé le groupe de construction Machiels basé à Hasselt, ville où il officia en tant que bourgmestre ; l’ostendais Johan Vande Lanotte sera lui administrateur de plusieurs firmes portuaires (Electrawinds, EKO) ; le gantois d’adoption Luc Van den Bossche siègera au conseil d’administration de nombreuses sociétés basées à Gand (Optima Financial, Hudson Belgium, Bouw Maes) ; quant à l’anversois Marcel Colla, il est notamment conseiller de deux entreprises situées à Anvers (Waterland Private Equity Investments, Ritmo Iterim).

Ensemble au gouvernement, ensemble dans les affaires

En première analyse, il est donc permis d’affirmer que la reconversion d’anciens dirigeants du SP.A dans le monde des affaires s’éclaire autant à la lumière de l’expérience professionnelle de ces agents sociaux que de leur carnet d’adresses politique et proximité géographique avec les sièges sociaux des entreprises qui les emploient. Une étude, plus ciblée, des réseaux sociaux à l’œuvre dans l’univers des grandes entreprises belges permet aussi, dans un second temps, de dessiner les contours de cette élite économique flamande à laquelle sont intégrés d’ex-responsables socialistes néerlandophones. Enfin, plusieurs phénomènes attestent aussi de l’existence de cette dynamique d’entre-soi observable dans le monde des affaires : d’une part, il n’est pas rare de retrouver plusieurs anciens dirigeants du SP.A au sein d’une même firme privée ; d’autre part, il est également fréquent que d’ex-partenaires gouvernementaux, issus de diverses formations politiques (SP.A, CD&V, Open VLD), se retrouvent au sein d’une même entreprise. Plusieurs exemples témoignent de cette logique – proprement endogamique – de cooptation qui n’est pas sans rappeler le fonctionnement des « noyaux durs » à la française.

C’est sur proposition de Karel Van Miert, alors administrateur de Carrefour Belgium, que Willy Claes fera son entrée au conseil du groupe de distribution ; Herman Verwilst (ex-Fortis), ancien chef de cabinet de Willy Claes au ministère des Affaires économiques, est lui devenu administrateur et président du conseil d’administration du groupe Optima, en décembre 2011, en remplacement de Luc Van den Bossche, nouveau président du comité de direction d’Optima ; quant à Gérard Van Acker, prédécesseur de Verwilst au cabinet de Willy Claes, il est président du comité d’investissement du QBIC Feeder Fund dont Herman Verwilst est administrateur indépendant.

Marcel Colla (SP.A) a été administrateur de la société Arseus aux côtés de l’homme d’affaires Marc Coucke (patron d’Omega Pharma) qui est actionnaire de la firme énergétique Enfinity – tout comme Christophe Desimpel (Open VLD) – dont Freddy Willockx (SP.A) et Jean-Luc Dehaene (CD&V) sont conseillers ; Luc Van den Bossche (SP.A) a présidé aux destinées de la société Merckx Holding (Groep Willemen) à l’époque où siégeait l’ancien secrétaire d’État au Commerce extérieur Pierre Chevalier (Open VLD). Quant à Johan Vande Lanotte (SP.A), il a été administrateur de la compagnie Electrawinds, contrôlée par la famille de Paul Desender, conseiller communal N-VA à la ville de Bruges ; mais aussi administrateur du Basket Club Oostende, aux côtés de Paul Desender et Arthur Goethals, ce dernier ayant été administrateur délégué de Gault Millau Benelux, une société présidée par Steve Stevaert (SP.A).

Et s’il fallait un seul nom pour illustrer l’étroitesse des liens tissés, ces dix dernières années, entre le SP.A et quelques-unes des plus grandes entreprises et fortunes belges, on citerait celui de Luc Van den Bossche. Cet ex-ministre de la Fonction publique – dont la fille (Freya) sera vice-Première ministre du gouvernement Verhofstadt II – fut membre du comité de direction de l’organisation patronale flamande VOKA. Il est aujourd’hui président du Land Invest Group, une entreprise de promotion immobilière contrôlée par Paul et Marc Schaling. Ces deux hommes d’affaires étaient, jusqu’il y a peu, les organisateurs de la très emblématique « Foire des Millionnaires ».

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