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Seraing, une commune façonnée par les luttes (analyse n°58, publiée le 14/12/2009)
Par Jean Faniel

Le présent article a été répertorié dans la catégorie :
"Défense et illustration des droits sociaux et économiques des travailleurs"

Il traite des sujets suivants :
Histoire sociale (sujet principal)

Vous pouvez également télécharger le présent article sous format PDF (avec notes scientifiques, iconographie et mise en page) en cliquant ICI.

Pour citer cet article :

Jean Faniel, « Seraing, une commune façonnée par les luttes », Analyse de l'IHOES, n°58, 14 décembre 2009,
[En ligne] http://www.ihoes.be/PDF/Seraing_faconnee_par_les_luttes.pdf.


En entendant le nom de Seraing, la plupart des gens pensent au travail du fer, aux fumées d’usines et aux luttes syndicales. Cette ville, qui compte aujourd’hui quelque 62 000 habitants, est en effet solidement ancrée dans le bassin sidérurgique liégeois et dans ses traditions ouvrières. Les différents bourgmestres qui se sont succédés à la tête de la commune depuis 1921 sont tous socialistes. Tel n’a toutefois pas toujours été le visage de Seraing. Cet article se propose de revenir sur le passé de cette commune, afin de mieux comprendre le présent et d’en souligner les défis d’avenir.

À l’aube de la révolution industrielle

Au début du XIXe siècle, Seraing n’est guère plus qu’un village. Les 1818 habitants qu’on y recense en mars 1800 travaillent essentiellement dans l’agriculture, l’artisanat et l’extraction de la houille. Le développement de la révolution industrielle va modifier considérablement ce tableau.
En 1817, les frères John et Charles-James Cockerill installent à Seraing un atelier où ils fabriquent des machines à vapeur. Mais leur entreprise présente la particularité de produire également la fonte et le fer dont elle a besoin. Les raisons du choix de cette implantation sont diverses : proximité des ateliers des Cockerill situés à Liège, "situation sur la Meuse, considération qui ne doit pas être négligée à une époque où les chemins de fer n’existaient pas et où les transports s’effectuaient par route et par eau ; enfin, Cockerill devait trouver sur place une population déjà préparée à l’industrie métallurgique puisque, depuis des siècles, les habitants du pays extrayaient la houille et traitaient le fer".
En 1819, 152 ouvriers sont occupés dans l’atelier des Cockerill. John en devient seul propriétaire en 1823 par le rachat des parts de son frère. Cette année voit également la construction du premier haut-fourneau fonctionnant au coke. Trois ans plus tard, l’usine compte 1544 ouvriers. J. Cockerill achète différentes concessions houillères à Seraing, ce qui lui permet d’alimenter son usine en charbon. Une fabrique de fer est créée à la même époque. Guillaume d’Orange, roi des Pays-Bas (et donc des provinces belges), soutient fortement le développement de l’entreprise de J. Cockerill. Celui-ci bénéficie, pour exporter sa production, des ports, de la flotte et des vastes débouchés de l’empire colonial hollandais.

À la même époque, ce qui est actuellement la commune de Seraing voit le développement de trois autres charbonnages (Marihaye à Ougrée, Espérance et Six-Bonniers) et de trois autres entreprises métallurgiques (l’Espérance, la Fonderie Quiriny-Goreux et la fabrique de Fer, ces deux dernières à Ougrée). En 1826 s’installe également une cristallerie dans le domaine de l’abbaye du Val-Saint-Lambert. De trente ouvriers au départ, cette entreprise passe à 1200 personnes employées en 1856.

Une croissance rapide

La population de Seraing va croître fortement en liaison avec ce développement économique. De 3 249 habitants en 1830, elle passe à 6499 en 1839, soit un doublement en moins de dix ans. L’accroissement naturel et les migrations permettent à Seraing de dépasser les dix mille habitants en 1846, les vingt mille en 1868, les trente mille en 1883 avant de se stabiliser autour de quarante à quarante-cinq mille habitants de 1924 à la fusion des communes de 1977. Cette croissance impressionnante n’est d’ailleurs pas sans conséquences au XIXe et au début du XXe siècle sur le manque de logements, ainsi que sur leur coût et leur piètre qualité. Les usines s’étendent, le nombre de travailleurs et d’habitants ne cesse de croître, ce qui amène rapidement l’espace disponible à saturation. Les loyers augmentant, ce sont les couches sociales les plus défavorisées qui sont, dans un premier temps, rejetées vers les hauteurs de la commune. Peu à peu cependant, les transports et les services publics se développent, ce qui permet l’intégration des quartiers du haut de Seraing, auparavant trop excentriques, à la vie économique qui se concentre en bord de Meuse. Les commerçants et dirigeants économiques commencent dès lors à fuir petit à petit le bas de la commune pour s’établir dans un environnement plus sain, plus éloigné des usines et de leurs fumées. C’est ce qui va donner à Seraing sa physionomie actuelle où le niveau de vie de ses habitants s’élève globalement avec les courbes de niveau topographiques.

Bien que Seraing connaisse un processus certain d’urbanisation, elle "reste cependant une simple agglomération industrielle et ne devient pas une ville ; il lui manque essentiellement pour cela la richesse, la classe bourgeoise, à laquelle nos villes d’Occident doivent leur cachet. Car le centre de Seraing, le point où se dirige l’intense activité économique de la commune, n’est pas à Seraing, mais à Liège. On vient à Seraing pour trouver du travail, mais très peu pour ses distractions, des achats ou des formalités administratives ; ce n’est un centre, ni économique, ni urbain, c’est une commune de l’agglomération industrielle liégeoise". Ce constat reste d’ailleurs en bonne partie vrai aujourd’hui.
Cette évolution a amené Seraing à devenir une cité essentiellement ouvrière et fortement dépendante de l’évolution économique des charbonnages et de la sidérurgie. Avec la mort de J. Cockerill en 1840 se pose la question de la poursuite des activités. Cependant, "l’importance sociale acquise par l’établissement était telle que sa suppression risquait de provoquer des troubles sérieux". Un rapport de police de l’époque estime à "sept ou huit mille le nombre de personnes auxquelles ces ateliers fournissent la subsistance". L’importance des usines Cockerill dépasse donc le seul cadre sérésien puisque Seraing ne compte alors que quelque 6850 habitants.

Pour l’avancée des droits des travailleurs, la lutte s’organise

Si les salaires que la société Cockerill verse à ses ouvriers peuvent paraître élevés par rapport à ceux que reçoivent à la même époque les mineurs de fond (les premiers sont supérieurs d’environ 25 % aux seconds et il faut attendre 1866 pour qu’ils deviennent équivalents), la classe ouvrière vit toutefois dans la misère. J. Cockerill lui-même écrit en 1828 : "Pendant le voyage que j’ai fait il y a quelques mois en Angleterre, j’ai eu l’occasion de comparer la misère réelle de la classe ouvrière à Liège et dans les environs avec l’état des ouvriers anglais qui se croient malheureux, dans une situation que les nôtres regarderaient comme prospère". On connaît pourtant les conditions de vie très rudes de la classe ouvrière anglaise à cette époque !
Les salaires réels des ouvriers sérésiens ne commencent à augmenter véritablement qu’à partir de 1855. Toutefois, la crise économique qui s’ouvre en 1873 engendre un chômage important. Cette crise, qui dure jusqu’en 1895, touche essentiellement les couches les plus défavorisées de la population et creuse l’écart existant entre la (maigre) classe bourgeoise et l’abondant prolétariat.
Peu à peu, cette classe ouvrière s’organise, en particulier à partir des années 1860. Mais c’est en 1886 que les ouvriers et les mineurs vont exprimer le plus durement leurs souffrances. En mars de cette année, une grève éclate dans un charbonnage de Jemeppe. Elle s’étend rapidement à tout le bassin industriel liégeois. La troupe intervient et l’on dénombre plusieurs blessés. Des destructions matérielles ont lieu mais malgré la présence de l’armée et les arrestations, le travail ne reprend pas. Les travailleurs demandent un relèvement des salaires et une diminution de la journée de travail. Quand le calme revient dans la région liégeoise, c’est le bassin de Charleroi qui est touché. Vingt-quatre morts y sont dénombrés. Les ouvriers ont ainsi tenté de faire comprendre à la bourgeoisie les conditions dans lesquelles ils vivent. Toutefois, "le patronat ne semble pas avoir pris conscience de la gravité de la situation de la classe ouvrière. Pour tous, ce sont les anarchistes, les émeutiers qui ont mené les ouvriers dans ces extrêmes. C’est eux qu’il faut punir, emprisonner".
Fondé en 1885, le Parti ouvrier belge (POB, ancêtre de l’actuel parti socialiste) n’est pas pour grand-chose dans cette explosion de colère. Il n’a pas encore eu le temps d’organiser la classe ouvrière et de faire passer massivement ses revendications, et en particulier celle du suffrage universel, auprès des ouvriers. Dix ans plus tard néanmoins, Seraing est l’une des premières communes de Belgique à basculer d’une majorité absolue libérale (libéraux d’abord, libéraux progressistes et libéraux doctrinaires en alternance après 1872) à un conseil communal où les socialistes forment le groupe le plus important. Cette situation est due à l’introduction dans le code électoral belge du "suffrage universel tempéré par le vote plural". En 1899, un renouvellement partiel du conseil communal sérésien donne la majorité absolue au POB. Il faudra toutefois attendre 1921 pour que les socialistes obtiennent la fonction de bourgmestre.
Après la grande dépression de la fin du XIXe siècle, l’industrie sidérurgique et minière relève la tête. La course aux armements que connaît l’Europe à cette époque n’est pas étrangère à ce nouvel essor économique puisque l’armée belge commande à Cockerill des coupoles en acier blindé pour la construction des forts d’Anvers. L’industrie sérésienne poursuit également sa production de bateaux et de locomotives à vapeur. En 1905, Cockerill occupe 9560 ouvriers et employés. La période de la "Belle Époque" est néanmoins une période agitée sur le plan social. La confrontation se fait de plus en plus vive entre des syndicats et des coopératives en plein développement d’une part et une résistance patronale accrue d’autre part. Mais la grève est aussi une arme politique. En 1893, 1902 et 1913 sont déclenchés de grands mouvements de grève pour l’obtention du suffrage universel, principale revendication du POB.

L’Entre-deux-guerres : partis ouvriers au pouvoir et crise économique

Le caractère ouvrier de Seraing ne va pas se démentir après la Première Guerre mondiale. Le passage au suffrage universel pur et simple (y compris pour les femmes au niveau communal) le rend au contraire encore plus visible puisqu’il va renforcer la domination socialiste au conseil communal. En 1921, vingt des vingt-cinq conseillers communaux sont socialistes. En 1926, ils ne sont plus que treize, mais l’assemblée sérésienne compte deux sièges en moins et six conseillers communistes y ont fait leur entrée, parmi lesquels Julien Lahaut (qui sera réélu jusqu’à son assassinat en 1950).

Le caractère ouvrier et de gauche que revêt la commune de Seraing se manifeste notamment par la construction de nombreux logements sociaux. En 1921 est créée la Maison sérésienne, société coopérative immobilière dans laquelle les pouvoirs publics sont majoritaires. En 1940, 964 maisons lui appartiennent déjà.

Dans l’Entre-deux-guerres, de grandes grèves vont à nouveau secouer le bassin liégeois en général et sérésien en particulier. En 1921, les travailleurs d’Ougrée-Marihaye cessent le travail pendant neuf mois. Ils s’opposent à l’installation d’une nouvelle cokerie qui devait causer d’importantes pertes d’emploi. Les "caisses de résistance" sont maigres car les ouvriers qui les alimentent ont de faibles salaires. Elles s’épuisent dès lors rapidement. Tenaillés par la faim, les ouvriers finissent par rentrer la tête basse dans leur usine, ce qui marque l’échec de cette grève.

Le début des années 1930 est marqué par la crise. Les travailleurs qui ne sont pas touchés par le chômage voient leur salaire diminuer. On estime même qu’en 1935, le pouvoir d’achat des ouvriers se situait en deçà de son niveau de 1912. La situation s’améliore néanmoins à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. En 1936, la grève pour l’obtention de six jours de congés payés connaît un dénouement plus favorable aux ouvriers que celle de 1921.

Le caractère ouvrier pendant la Deuxième Guerre mondiale

Le caractère ouvrier de la population sérésienne va à nouveau s’exprimer sous l’occupation nazie. Avant la guerre, le parti communiste, dirigé à Seraing par J. Lahaut, tient régulièrement des meetings et des manifestations. En 1935, les gendarmes relèvent l’identité de tous les participants au bal sérésien de la Jeunesse communiste. La liste en est conservée au Parquet de Liège. Quand commence l’occupation, les Allemands mettent la main sur cette liste. Le jour même du déclenchement de la guerre contre l’URSS, les nazis font arrêter toutes les personnes qui se trouvaient à ce bal, communistes ou non. Ces personnes sont les premières à faire l’objet d’une déportation collective depuis Seraing.
Un événement témoigne de la solidarité de la population sérésienne, largement ouvrière, à l’égard de la communauté juive locale. Cette communauté comptait tout au plus une centaine de familles à la veille du second conflit mondial. La plupart des Juifs installés à Seraing y travaillaient comme ouvriers ou comme mineurs. D’après les témoignages de certains d’entre eux, ils ne faisaient guère l’objet de propos ou d’actes racistes. Fin août 1942, une grande rafle a lieu contre les membres de cette communauté. Tous les Juifs de Seraing qui ont été déportés jusqu’en 1945 sont arrêtés ce jour-là. Par la suite, loin de les dénoncer, la population sérésienne adopte au contraire une attitude de résistance et de solidarité à l’égard de ces Juifs qui étaient simplement à leurs yeux les membres de leur classe sociale, à défendre contre l’oppresseur nazi comme ils les auraient défendus contre leurs patrons. Après la guerre, les Juifs survivants ont peu à peu quitté Seraing. Au début des années 1950, il n’en restait plus qu’une trentaine.
La Résistance s’active également durant cette période d’occupation. Un nombre très important de journaux sont publiés clandestinement à Seraing. Et l’activité syndicale est également intense. Plusieurs mouvements de grève sont déclenchés, pour réclamer l’amélioration des conditions de vie. Ils ont pour effet de paralyser le bassin liégeois et de perturber l’approvisionnement de la machine de guerre nazie. Débutée un an jour pour jour après l’invasion de la Belgique, la "grève des 100 000", dont le surnom laisse imaginer l’ampleur, oblige l’occupant à admettre une augmentation des salaires et du nombre de timbres de ravitaillement octroyés aux travailleurs. À Seraing, le comité de grève est même reconnu par les autorités communales, et J. Lahaut, alors échevin, appuie les revendications auprès des autorités nationales. Cet épisode, ainsi que la répression qui frappe le mouvement syndical liégeois peu après, favorisent la création en 1942 de deux mouvements. Les communistes, bien implantés dans la métallurgie liégeoise, fondent les Comités de lutte syndicale (CLS). Par ailleurs, la Fédération des métallurgistes de Liège est reprise en main par André Renard. Elle intègre bientôt les CLS liégeois pour donner naissance à ce qui prend en 1944 le nom de Mouvement syndical unifié (MSU). Cette organisation prône l’indépendance totale du mouvement syndical par rapport aux partis politiques et se prononce en faveur d’une transformation profonde de la société et de ses structures économiques, impliquant la nationalisation de secteurs d’activité importants tels que l’énergie et le crédit, le contrôle ouvrier et la démocratie économique.

À la sortie de la Deuxième Guerre mondiale : la reprise économique...

L’immédiat après-guerre est caractérisé, à Seraing comme dans le reste du pays, par une hausse du nombre de chômeurs. Peu à peu, l’économie reprend toutefois son essor. Marquée par l’action de J. Lahaut et d’A. Renard, Seraing est considérée à cette période comme le cœur du mouvement ouvrier wallon. Les grèves très importantes menées en 1950 contre le retour du roi Léopold III, puis celles, dix ans plus tard, dirigées contre le projet de "loi unique", sont particulièrement suivies à Seraing. La classe ouvrière se mobilise également en nombre pour soutenir ses figures les plus symboliques. Le 18 août 1950, J. Lahaut est assassiné devant son domicile à Seraing. Député et président du Parti communiste, on lui prête à tort le cri "Vive la république !" lancé quelques jours plus tôt au Parlement, lors de la prestation de serment de Baudouin. Une foule immense accompagne sa dépouille au cimetière des Biens Communaux. Douze ans plus tard, plusieurs milliers de personnes suivent la dépouille d’A. Renard vers le même cimetière. Elles seront à nouveau nombreuses à le suivre en 1966, lors du transfert de ses restes vers le cimetière de la Bergerie, témoignant du souvenir profond laissé par celui qui reste considéré comme l’une des principales figures du mouvement syndical wallon.

C’est également l’époque où arrivent un grand nombre de travailleurs immigrés en Belgique. Italiens d’abord, Espagnols, Grecs, Polonais puis Turcs et Marocains ensuite. La composition de la population sérésienne atteste aujourd’hui encore de ces mouvements migratoires. Dès 1973, la commune a créé le Comité permanent des Immigrés de Seraing. Ce sont les Italiens qui forment la principale communauté "étrangère" établie à Seraing. Ils y sont 6010, soit près de 10 % de la population sérésienne totale. Il faut surtout remarquer que les Italiens représentent 67,5 % des immigrés installés à Seraing. De nombreuses associations politiques, culturelles ou sportives italiennes se sont d’ailleurs formées à Seraing depuis plus de cinquante ans.

En 1955, Cockerill, Ougrée-Marihaye et Ferblatil fusionnent et créent l’entreprise sidérurgique la plus importante de Belgique. Cette nouvelle société produit 30 % de l’acier brut du Royaume. En 1970, cet accroissement se poursuit avec l’absorption par Cockerill de la société Espérance-Longdoz.

... puis le déclin à partir des années 1970

Les années 1970 vont marquer le début du déclin économique de Seraing. L’extraction du charbon devient de plus en plus difficile et de plus en plus coûteuse. Les puits ferment leurs portes les uns après les autres. En 1976, il ne reste plus aucun charbonnage en activité à Seraing. Cette crise économique frappe également de plein fouet la sidérurgie, activité économique à laquelle la majeure partie de la vie sérésienne est liée. Cette récession ne débute officiellement qu’en 1974, mais la région liégeoise connaît déjà des problèmes l’année précédente. En 1971, 1973 et 1976 notamment, des grèves éclatent à Cockerill. Les travailleurs réclament dans un premier temps une augmentation salariale égale à celle des prix à la consommation. Par la suite, leur opposition sera plutôt dirigée contre les pertes d’emploi liées aux restructurations.
Sur le plan politique et administratif, 1977 est l’année de la fusion des communes. Malgré les oppositions sérésiennes, l’État central décide d’adjoindre Jemeppe, Boncelles ainsi que la partie d’Ougrée située sur la rive droite de la Meuse à l’ancienne commune de Seraing. Celle-ci passe dès lors de 40 276 à 67 903 habitants. Et son déficit dépasse les 173 millions de francs belges.

Les années 1980 vont être marquées par la fusion de Cockerill avec Hainaut-Sambre et par le "redressement" spectaculaire des finances de la nouvelle entreprise, Cockerill-Sambre, entrepris sous la direction de Jean Gandois. Mais à quel prix ! Cette restructuration va engloutir des fonds publics d’une importance colossale et entraîner la perte de 42 % des emplois en l’espace de six ans.
Le nombre de chômeurs sérésiens a largement augmenté depuis lors, passant de 3100 personnes en 1980 à 7135 en 2008. On peut estimer que le chômage touche aujourd’hui près d’un Sérésien sur cinq en âge de travailler. Toutefois, la solidarité et la conscience de classe ouvrières restent vivaces. En témoignent le grand nombre de Sérésiens qui sont affiliés à une organisation syndicale et le jugement positif qu’ils émettent à l’égard de celles-ci :

"- Vous pensez que le rôle des syndicats est important ?"
"- Oui, quand même. Heureusement qu’on les a".
"- J’ai toujours un grand respect pour ces gens qui s’occupent de ces questions. Ce sont des gens qui étaient avec moi à l’usine, bien souvent, quand j’étais plus jeune. Et qui en plus de leur travail, se préoccupaient de notre sécurité. Je les honore. Je les respecte".
"- Le syndicat c’est quelque chose qui est nécessaire. Déjà pour défendre les droits des ouvriers, ils n’en ont plus beaucoup, alors si on n’avait pas les syndicats, je crois que... Quand on voit ce qui se passe à l’heure actuelle, descendre dans la rue, de temps en temps, je crois que c’est un bien. [...] Le syndicat c’est un moyen de pression".

Le discours que tiennent, sur d’autres sujets, certains habitants de cette commune illustre également cela :

"- Le droit de vote, il y a des gens qui se sont battus pour avoir ça. Comme le droit de grève. Quoique le droit de grève, on est en train d’essayer de l’enlever. Maintenant, ils prennent recours à des huissiers de justice pour briser des grèves. Là je n’appelle pas ça de la démocratie. Ici en Belgique, ils commencent à vouloir supprimer ça. C’est quelque chose qu’il faut absolument qu’on garde".

"- On ne devrait pas sanctionner les chômeurs longue durée. Ce n’est pas un critère. Ce sont des gens qui, pour la plupart, sont issus d’une sidérurgie finissante, qui a fatigué des humains. Ces gens-là sont les premiers outils d’une machine, des outils usés. Mais usés ne veut pas dire fautifs".

Les hésitations de la sidérurgie et le redéploiement de Seraing

Cette combativité syndicale a trouvé l’occasion de s’exprimer à nouveau au cours de la dernière décennie. À la fin des années 1990, le groupe sidérurgique français Usinor rachète Cockerill-Sambre. Il fusionne en 2001 avec le Luxembourgeois Arbed et l’Espagnol Aceralia pour donner naissance à Arcelor, alors premier groupe mondial du secteur. En janvier 2003, Arcelor annonce qu’il va fermer la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise, en arrêtant d’abord le haut-fourneau de Seraing (HF6), à la mi-2005, puis celui d’Ougrée (HFB), en 2009. Cette annonce signifie de nombreuses pertes d’emploi, de manière directe et chez les sous-traitants et autres acteurs économiques liés à Cockerill, mais elle menace aussi directement la phase à froid, située en aval de Liège. Cette annonce suscite une vaste mobilisation, qui dépasse très largement les métallos et atteste de la solidarité de la population liégeoise. Six mille personnes manifestent à Seraing le 7 février et, le 12 mars, 50 000 manifestants participent à Liège à ce qui semble être le plus grand cortège depuis les grèves de l’hiver 1960-61. Forts de cette pression, les syndicats négocient d’une part une implication importante d’Arcelor dans la reconversion des travailleurs et le redéploiement économique de la région, et d’autre part la "mise sous cocon" du HF6 et non son démantèlement. Ils estiment qu’il faut pouvoir réagir rapidement à une éventuelle défaillance du HFB d’Ougrée et que, surtout, il faut pouvoir relancer le HF6 si la situation venait à changer, au sein d’Arcelor ou sur le marché mondial de l’acier.

C’est précisément ce qui se passe. En janvier 2006, le groupe Mittal Steel, devenu numéro un mondial de l’acier, rachète Arcelor et donne naissance au plus grand groupe sidérurgique mondial. Les syndicats métallos liégeois décident de faire pression sur Lakshmi Mittal pour le convaincre de l’utilité d’inverser le processus de mise à l’arrêt de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise. HF6, le film, réalisé par les métallos de la FGTB de Liège, retrace de manière très vivante les espoirs nés de cette évolution, mais aussi les tensions et les questions soulevées par la réouverture, finalement décidée, du HF6. Certes, le calcul de L. Mittal est loin d’être guidé par la philanthropie. La conjoncture sur le marché mondial s’est très nettement améliorée et son groupe a besoin de pouvoir produire davantage d’acier. Mais la pression syndicale, et la volonté de limiter l’arrêt à une "mise sous cocon", s’avèrent payantes. En mai 2007, ArcelorMittal annonce la relance du HF6. Un accord est conclu avec les syndicats pour régler les implications sociales de la relance. Les estimations réalisées évoquent la création de 600 emplois directs au HF6, et jusqu’à 13 000 emplois indirectement créés par la relance de la phase à chaud.
L’annonce de la relance ne va cependant pas sans poser de problèmes. Dans le processus actuel de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’industrie doit disposer de quotas de CO2 pour pouvoir fonctionner. Or l’attribution de ces quotas est strictement définie pour chaque État (et, en Belgique, pour chaque région), et l’acquisition de ces quotas se négocie parfois cher. Durant plusieurs semaines, ArcelorMittal fera monter la pression sur les autorités régionales et fédérales pour obtenir les quotas requis au moindre coût. Un accord intervient finalement le 1er février 2008, permettant le rallumage le 4 mars. La pression syndicale s’exerce une nouvelle fois dans cet épisode. Les métallos de la FGTB mènent en effet une grève de vingt-quatre heures à la fin du mois de janvier pour souligner la nécessité d’un accord sur l’attribution des quotas. Cette démarche met en lumière toute la difficulté à laquelle sont exposés les syndicats, mais aussi toute l’ambiguïté de leur attitude, face à la conciliation des revendications pour l’emploi et des impératifs de préservation de la planète. En outre, la contestation ne provient pas uniquement du mouvement syndical. Le Collectif de santé et environnement HF6 de Seraing se constitue pour exiger que la réouverture du haut-fourneau ne s’accompagne pas de nuisances environnementales insupportables. Depuis l’arrêt en 2005, les habitants de certains quartiers ont en effet découvert une qualité de vie qu’ils ne souhaitent pas perdre du jour au lendemain. Bien que leurs revendications soulignent la nécessité de préserver l’emploi, la connexion avec le mouvement syndical est difficile, voire impossible.
Par ailleurs, la volte-face du groupe sidérurgique embarrasse les autorités communales sérésiennes. Certes, la relance est favorable d’un point de vue financier, non seulement pour les retombées indirectes (via l’impôt versé par les travailleurs, pour autant qu’ils habitent Seraing, ou pour l’activité économique locale liée à la relance), mais aussi pour ce qu’elle rapporte directement au budget communal sous forme de taxes versées par Cockerill. Mais dans le même temps, la relance de la phase à chaud complique et remet partiellement en cause le plan de redéploiement de la ville. En effet, celle-ci a développé une réflexion importante sur son avenir après la fermeture annoncée en 2003. Un projet d’ampleur a été développé pour redessiner la commune, utiliser les terrains et bâtiments délaissés par la sidérurgie et redéployer l’économie locale. De nouvelles voies de communication sont appelées à voir le jour et d’autres, utilisées jusqu’alors par l’industrie, devraient être mises au service du transport des personnes. Le maintien de l’industrie modifie considérablement ce projet.
La joie provoquée chez certains par l’annonce de la réouverture est cependant de courte durée. Dans le contexte de la crise économique et financière qui se développe en 2008, la demande mondiale d’acier connaît un nouveau ralentissement. Le cours de bourse de l’action d’ArcelorMittal chute vertigineusement. Et le groupe sidérurgique annonce la mise à l’arrêt de plusieurs hauts-fourneaux en Europe. Huit mois à peine après avoir été relancé, le HF6 est de nouveau mis en veilleuse en novembre. En avril 2009, le HFB subit le même sort et la cokerie, implantée à Ougrée, voit son activité drastiquement réduite. Cette situation a des conséquences en cascade : pour les travailleurs de Cockerill, pour ses sous-traitants, pour l’ensemble de la sidérurgie liégeoise (puisque la phase à froid doit désormais être alimentée par des sources extérieures), mais aussi pour les finances communales. Et l’incertitude liée à l’avenir de la sidérurgie (reprendra ? reprendra pas ? restera ? partira ?) rend difficile l’action des autorités politiques pour le redéploiement de la ville et de son espace.

Le paysage politique sérésien actuel

Depuis 1952 sans interruption, le Parti socialiste (PSB, PS à partir de 1978) détient la majorité absolue des sièges au conseil communal de Seraing. Cette domination a même été renforcée à la suite de la fusion des communes de 1977. Pendant longtemps, Guy Mathot a été la figure emblématique du PS sérésien. Bourgmestre dès 1970, il a occupé à plusieurs reprises des fonctions ministérielles importantes. En 1994, il a dû démissionner de son poste de ministre wallon en raison de son inculpation, en même temps que Guy Spitaels et Guy Coëme, dans l’affaire des commissions occultes versées au PS par la firme Agusta. À la différence de ses deux coreligionnaires, il a cependant été acquitté de toutes les charges retenues à son encontre. Cité dans d’autres affaires judiciaires, il n’a jamais fait l’objet d’aucune condamnation. G. Mathot est redevenu bourgmestre de Seraing dans la foulée des élections communales de 2000, après avoir réalisé un score personnel sans précédent (7 590 voix). Son décès en février 2005 a ouvert une lutte de succession non seulement au niveau communal, mais également au sein de la fédération liégeoise du PS, dont il était devenu président en 2003, ainsi que de divers organismes socio-économiques (para-)publics sur lesquels il exerçait une influence importante. En octobre 2006, son fils Alain a remporté 8137 voix de préférence lors des élections communales (soit davantage que son père en 2000) et a prêté serment comme bourgmestre en janvier 2007. Six mois plus tard, il a été réélu député fédéral, obtenant 24 574 voix de préférence dans la circonscription de Liège (soit 10 000 de plus qu’en 2003). À la fin des années 1970, le PS remportait la majorité absolue des suffrages dans le canton de Seraing lors des élections législatives. Il a même dépassé les 60 % des voix en 1987. Depuis lors, son avance s’est largement érodée, le PS passant en dessous de 50 % en 1995 et ne franchissant plus ce seuil, de justesse, qu’en 2003 à la Chambre et en 2004 au Parlement wallon. Au niveau communal en revanche, il demeure largement majoritaire, même s’il a perdu près de 10 % des voix entre 1988 et 1994, avant de récupérer une partie des voix perdues.
Le Parti communiste (PC) quant à lui n’a cessé de voir sa représentation au conseil communal de Seraing diminuer, avant de disparaître complètement en 1994. De onze sièges sur vingt-cinq en 1946 (ce qui en faisait le premier parti sérésien), obtenus notamment grâce à l’aura gagnée par son action dans la Résistance, le PC est passé à un siège en 1988. En 1994, il a perdu le seul conseiller communal qu’il avait conservé en 1988 dans toute la province de Liège. Au niveau législatif également, ce déclin s’est marqué de manière nette. Le PC a remporté 11,4 % des voix dans le canton de Seraing en 1977 ; il n’en a obtenu que 0,9 % trente ans plus tard. Cela reflète la diminution de l’encadrement communiste, à Seraing et en Wallonie.
Le Mouvement réformateur (MR), et les libéraux avant lui, ont par contre connu une forte progression au cours des trois dernières décennies. En 1977, le PRLW recueillait 11,9 % des voix à la Chambre dans le canton de Seraing. En 2007, le MR en récoltait 22,9 %. Sur la même période, les libéraux ont doublé leur score au niveau communal et ont triplé le nombre de leurs élus.
Le Parti social-chrétien (PSC) et son successeur, le Centre démocrate humaniste (CDH), ont connu au cours de ces trente dernières années une lente érosion lors des scrutins législatifs. En 2007, le CDH a remporté à la Chambre, dans le canton de Seraing, environ 30 % de voix en moins que le PSC en 1977. Au sein du conseil communal, la représentation du parti orange a oscillé entre un et trois sièges.
À Seraing comme dans le reste de la Wallonie, Écolo s’est progressivement implanté comme un parti important. Ses scores ont évolué de manière spectaculaire, à la hausse en 1999, franchissant la barre de 20 % des voix à la Chambre et au Parlement wallon, à la baisse lors du scrutin suivant, tombant à 6,9 % à la Chambre en 2003. En 2007 et en 2009, Écolo a une nouvelle fois connu une progression importante, plus limitée cependant qu’en 1999. Écolo s’est également imposé comme une force non négligeable au conseil communal. Dès sa première participation à un scrutin communal, en 1982, ce parti est devenu le deuxième groupe au conseil sérésien. Il a perdu ce statut en 1994, l’a retrouvé six ans plus tard, avant de le perdre à nouveau en 2006, à chaque fois au profit des libéraux. Sur différents dossiers, liés en particulier à l’environnement et à la mobilité, Écolo trouve parfois une oreille attentive auprès de la majorité socialiste, et en particulier des bourgmestres Mathot, père puis fils (par exemple concernant la réaffectation de la ligne de chemin de fer utilisée par la sidérurgie au profit du transport de passagers).
En dehors de ces cinq partis, d’autres listes ont également eu à un moment donné une représentation au conseil communal de Seraing. Le Rassemblement wallon (RW) a perdu son dernier siège lors du scrutin de 1988, auquel il ne participait pas. En 1994, alors que l’extrême droite enregistrait une percée en Wallonie, les listes Front national (FN) et Agir ont chacune remporté un siège au conseil communal de Seraing. L’élu du FN a rapidement quitté son parti et décidé de siéger comme indépendant, tandis que celui d’Agir a cessé de participer au conseil communal dès la moitié de la mandature. Aucune de ces deux formations n’a déposé de liste en 2000.
Enfin, le Parti du travail de Belgique (PTB), parti de gauche radicale d’origine maoïste, a fait son entrée au conseil communal sérésien en 2006, après avoir connu une progression continue depuis trente ans. Cette émergence n’est pas un cas isolé. Depuis 2000, deux élus siègent au conseil communal de Herstal, autre commune populaire de la banlieue liégeoise où le PS détient de longue date la majorité absolue des sièges. En 2006, le PTB a également fait son entrée au conseil communal de La Louvière, ville du Hainaut comptant bon nombre de caractéristiques semblables à Seraing (population de taille comparable, autrefois au cœur d’un bassin industriel largement touché par la crise dès les années 1970, marquée par les luttes sociales et dominée politiquement par le PS). L’élection de ces quatre conseillers communaux reflète le travail de terrain auquel les militants du PTB se livrent. En particulier, l’action menée auprès d’un public populaire à travers les maisons médicales de Médecine pour le Peuple, l’organisation liée au parti, joue un rôle important dans ce succès. Ce n’est pas un hasard si trois des quatre élus sont eux-mêmes médecins dans une maison médicale. Cette émergence canalise sans doute aussi un vote protestataire, de rejet du PS et des autres partis jugés traditionnels. À la différence toutefois de la percée des partis d’extrême droite FN et Agir au milieu des années 1990, celle du PTB ne traduit pas un vote xénophobe et elle reflète l’ancrage local de militants actifs, là où les élus d’extrême droite étaient à peu près inconnus de tous. Les élus du PTB entendent également porter la voix des exclus auprès des autorités et ils s’impliquent dans différentes luttes locales, parvenant parfois à modifier les projets des autorités communales. Cela s’est notamment vu dans la réforme menée par Seraing en 2009 autour du ramassage et du tri des immondices.

Conclusion

L’histoire de Seraing a été marquée depuis le début du XIXe siècle par son caractère ouvrier. Le déclin de l’industrie minière d’abord, sidérurgique ensuite, a eu des répercussions sur la population de Seraing, mais aussi sur la physionomie même de cette commune : "Quand l’usine, point d’appui presqu’unique de la formidable croissance de Seraing, perd son rôle moteur en même temps que se dissocient chaque jour davantage les liens entre habitat et lieu de travail, se confirme la fragilité d’un organisme trop dépendant d’une mono-industrie en déclin et qui doit chercher de nouveaux modes d’urbanité". La commune a cependant peu à peu remodelé le visage de Seraing et rénové un certain nombre de quartiers jadis délaissés. Cette politique dynamique en matière d’urbanisme s’est en particulier exprimée dans les quartiers les plus liés à l’activité économique aujourd’hui fragilisée : le Fond de Seraing et le Val-Saint-Lambert. Elle est reconnue et appréciée par les habitants peu aisés de ces quartiers, ce qui maintient partiellement le lien social autour du pouvoir communal. Mais les hésitations de la sidérurgie compliquent la tâche de remodelage du paysage urbain, sans pour autant que l’arrêt pur et simple de la sidérurgie et des autres activités (potentiellement) polluantes soit souhaité par les autorités communales.

Comme on a pu s’en rendre compte au fil de ces pages, le visage actuel de Seraing est le fruit de toute une série de facteurs historiques, économiques, sociaux et politiques. Si l’évolution de cette commune a été fortement influencée par les conditions géographiques locales (présence de charbon et d’un cours d’eau important, proximité d’une grande ville), elle montre également que ce sont les hommes et les femmes qui construisent eux-mêmes leur histoire. Ce sont en effet les travailleurs (mineurs, ouvriers, verriers...) qui ont produit de la richesse, puis se sont battus pour que celle-ci soit répartie le plus équitablement possible.
C’est le combat pour plus d’égalité, de justice et de solidarité qui a peu à peu façonné le visage politique, économique, social et même urbanistique que connaît aujourd’hui Seraing. Il illustre ainsi que c’est sous la pression de la mobilisation du plus grand nombre de personnes que les choses peuvent changer et aboutir à la création d’une société plus juste et respectueuse de chacun.

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