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L’Institut d’histoire ouvrière économique et sociale, acteur majeur de la préservation et de l’étude de l’histoire en Communauté française (analyse n°4, publiée le 21/8/2006)
Par l'équipe de l'IHOES

Le présent article a été répertorié dans la catégorie :
"Valorisation de la culture populaire, entre héritage et renouvellement"

Il traite des sujets suivants :
Éducation (sujet principal)

Vous pouvez également télécharger le présent article sous format PDF (avec notes scientifiques, iconographie et mise en page) en cliquant ICI.

Pour citer cet article :

l'équipe de l'IHOES, « L’Institut d’histoire ouvrière économique et sociale, acteur majeur de la préservation et de l’étude de l’histoire en Communauté française », Analyse de l'IHOES, n°4, 21 août 2006,
[En ligne] http://www.ihoes.be/PDF/IHOES_acteur_preservation_etude_histoire.pdf.


Les origines de l’Institut d’histoire ouvrière économique et sociale (IHOES) remontent au milieu des années 1970. Michel Hannotte, historien passionné et engagé, malheureusement décédé en août 2005, a toujours lutté pour développer une institution pluraliste qui s’intéresse au monde du travail. L’initiative mérite d’être soulignée car, à cette époque, peu de personnes en Wallonie se soucient de la disparition de documents liés aux militants, aux associations culturelles et politiques ou aux entreprises qui cessent leurs activités. Par contre, la Flandre, alors qu’elle aspire ouvertement à se débarrasser du « boulet wallon », se montre très prompte à développer une politique efficace de récolte des archives ouvrières qui couvre toute la Belgique. Beaucoup de documents relatifs au monde du travail partent vers les divers centres d’archives flamands spécialisés comme l’Amsab à Gand.

Michel Hannotte entend arrêter cette hémorragie en préservant et valorisant ce patrimoine en Wallonie. Il envisage un moment d’implanter son Institut au sein de la bibliothèque communale de la Ville de Liège « Les Chiroux » mais le projet est abandonné en raison de contraintes budgétaires. Le premier fonds d’archives d’une certaine importance confié à l’Institut concerne Théo Dejace. Parallèlement à ce don, l’administration communale de Seraing octroie en 1994 des locaux à l’IHOES. Par sa participation active à l’élaboration du décret Centre d’archives privées, Michel Hannotte joue également un rôle primordial dans la constitution d’un statut officiel à de nombreuses associations, dont l’IHOES, qui traitent d’archives en Communauté française (le CARCOB, le CARHOP, l’IEV, etc.).

Cette diversification des activités se manifeste sur un plan institutionnel par une reconnaissance de l’IHOES par la Communauté française en tant que service d’éducation permanente et aussi comme centre d’archives privées (dès l’adoption du décret de 1994 sur cette matière).

L’IHOES, service d’éducation permanente

Depuis sa création, l’IHOES contribue à l’étude de l’histoire de la Wallonie. Les premières activités concernent la Résistance avec l’organisation d’un colloque international, en 1991, intitulé La Résistance hier et aujourd’hui. Deux ans plus tard, à la suite de ce colloque, l’exposition Hors du Pays l’occupant est mise sur pied grâce à l’appui d’une équipe composée d’historiens bénévoles et de l’ancien résistant Marcel Deprez dirigés par Michel Hannotte. Cet événement rencontre un certain succès et constitue l’occasion de collecter les témoignages d’anciens résistants et de récolter de nombreuses archives faisant de l’Institut l’un des centres de référence pour l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique.

Après l’exposition consacrée à la Résistance, d’autres événements importants sont organisés. En 1994, une exposition, accompagnée d’une publication, consacrée à la grève des mineurs de 1932 est diffusée à travers toute la Wallonie. Quelques temps plus tard, l’histoire de l’immigration italienne est évoquée au travers de l’exposition Siamo tutti neri. L’IHOES se tourne également vers l’étude des idées en abordant un personnage essentiel pour la libre-pensée et le combat visant à la légalisation de l’avortement : Willy Peers. Tous ces événements permettent l’acquisition de nouvelles archives et pièces qui contribuent à enrichir les collections de l’Institut.

En plus de ces initiatives, l’Institut publie des études. Cette année, deux monographies importantes pour l’histoire de Liège et de la Wallonie sont sorties . La première est Rouge Métal : cent ans d’histoire de la Fédération des métallos liégeois de la FGTB. Publié à l’occasion du centenaire de la Fédération des Métallurgistes FGTB de la Province Liège-Luxembourg, cet ouvrage retrace les principaux jalons qui ont rythmé l’existence de ce syndicat qui a marqué de son empreinte l’histoire des mouvements sociaux. Au mois de juin 2006, trois des bénévoles dynamiques de l’Institut ont fait paraître un livre consacré à la presse clandestine de Seraing durant la Seconde Guerre mondiale. Première réponse à l’occupant, l’ouvrage retrace, au travers des archives, photos et témoignages, l’itinéraire de la presse libre portée par des patriotes, des jeunes, des ouvriers et des intellectuels, une poignée d’hommes et de femmes militants de la lutte ouvrière et antifasciste dans les années 1930. Il montre les difficultés et les dangers rencontrés par tous ceux qui réalisent ce véritable tour de force que constitue l’élaboration d’un journal. Une conférence sur ce thème accompagnée d’un diaporama sera organisée le 20 septembre (pour plus d’informations, vous pouvez contacter l’IHOES).

Les collaborateurs de l’Institut donnent régulièrement des conférences sur des sujets qui touchent à la lutte contre l’extrême droite, le combat mené pour l’obtention de la législation sociale, etc. La finalité de ces activités réside, notamment, dans le développement du sens critique des participants, ouvrant la voie à une appréhension différente de l’actualité nationale et internationale devant aboutir à un engagement personnel ou collectif du citoyen. Ainsi, dans Rouge Métal, nous insistons sur les combats qui ont abouti à une modification des structures socio-économiques et permis, notamment, l’obtention du système de sécurité sociale. A une époque où diverses forces affichent clairement leur volonté de dissoudre ce système, il nous paraît en effet important de mettre en avant cette évolution. Nous poursuivons également un objectif de valorisation de la mémoire qui met en avant celles et ceux qui ont lutté contre l’occupant durant la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, lorsque nous étudions la presse clandestine, nous entendons apporter une réflexion sur la liberté d’expression dans les médias contemporains. Dans nos explications, nous insistons sur le contexte et la multitude des causes qui permettent l’avènement des mouvements d’extrême-droite. Cette approche est d’autant plus nécessaire que de nos jours les conflits (Proche-Orient, …) sont évoqués par le biais de raccourcis simplistes, faisant fi de l’histoire, et les présentant comme le résultat d’une dichotomie entre le Bien et le Mal.

Les collections de l’Institut

Les collections se structurent principalement en quatre parties : fonds d’archives, bibliothèque, audiovisuel (photographies, cassettes, films, etc.) et des objets (bustes, médailles, etc.). Comme cela a été mentionné précédemment, l’Institut possède de nombreux documents qui touchent à la Résistance et plus précisément au Front de l’Indépendance. Il conserve également des fonds de militants politiques (essentiellement communistes et socialistes) et syndicaux. Ainsi, il possède les archives de Jacques Yerna et celles émanant du journal La Wallonie. L’Institut est également un centre incontournable pour l’histoire du monde de la mine car il a acquis, notamment, les archives du Fonds national de Retraite des Ouvriers mineurs. L’IHOES se préoccupe aussi de la conservation des archives culturelles et possède plusieurs fonds d’associations actives dans le théâtre action. Parmi ses dernières acquisitions, figurent les archives du syndicat liégeois du livre.

Nos projets

Notre équipe, composée d’une coordinatrice administrative, de trois historiens et d’une bibliothécaire est décidée à poursuivre le travail entrepris par Michel Hannotte. Une des nos principales préoccupations demeure la recherche de bâtiments permettant d’assurer non seulement l’accueil de nos riches collections mais aussi l’essor de nos activités. Un nouveau site internet vient par ailleurs d’être mis en ligne. Avec cet outil, nous souhaitons permettre un accès en ligne à nos collections et rendre possible le téléchargement d’analyses qui rentrent dans le champ d’études de l’Institut. Nous cherchons toujours à nous inscrire dans des réseaux d’institutions qui partagent nos centres d’intérêts. Au niveau international, les échanges sont nombreux. Ainsi, l’Institut travaille avec le Centre d’histoire sociale de Maastricht autour d’un projet relatif aux mouvements migratoires des mineurs en Europe. Sur ce même sujet, l’Institut a coopéré avec l’Université de Trêves afin de constituer une base de données consacrée aux mineurs de Wallonie. Enfin, une politique de collaboration avec les Archives du monde du travail à Roubaix est en train de s’amorcer.

Nous continuons à préserver le patrimoine archivistique. Dans le cadre des élections communales de 2006, nous constituons un fonds reprenant tous les tracts, programmes et affiches diffusés par tous les partis politiques sans exception dans les communes en Wallonie et à Bruxelles. Vous pouvez participer à ce projet en recueillant les documents que vous recevez dans votre boîte aux lettres. De plus, les documents que vous recevez lors de manifestations sont susceptibles de nous intéresser. Si vous souhaitez nous aider dans ces tâches, faites-nous en part. Nous travaillons actuellement sur d’autres projets comme l’étude de mai 68 et surtout ses conséquences en retraçant, par exemple, le parcours de militants. Votre témoignage peut nous apporter de nombreuses informations. De manière plus générale, n’hésitez pas à prendre contact avec nous car l’on ne soupçonne pas toujours la qualité des documents que l’on conserve et des pans entiers de la mémoire ouvrière disparaissent régulièrement lors, par exemple, de déménagements ou tout simplement par négligence.